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« Ne dites pas à ma mère que je suis consultant en management, elle croit que je suis pianiste dans une maison close ! »

Arrivé dans la dernière étape de ma carrière et ayant exercé à peu près en parts égales les fonctions de manager et de consultant, je constate que ce dernier métier est de plus en plus décrié dans les entreprises. Qui n’a jamais entendu ou repris à son compte la fameuse blague « du consultant qui vous demande votre montre pour vous donner l’heure » ? Mais il existe aujourd’hui et cela me semble plus grave, dans certaines entreprises et pas des moindres, une mode ou même une règle en vigueur de ne plus utiliser les services de consultants externes.

Cet état de fait est à mon a vis regrettable car il en est des consultants comme du cholestérol : il en existe des bons et des mauvais.

Pour ce qui est des « mauvais » ayant déclenché certaines des allergies actuelles, je prétends qu’ils existent, comme dans toutes les professions mais que, souvent, ils ont été façonnés par leurs propres clients. Ces derniers ont trop facilement sous-traité leur propre responsabilité décisionnelle à des intervenants externes peu expérimentés. Leurs collaborateurs opérationnels se sont fréquemment « reposés » sur la production de prestataires zélés et peu regardant quant à leur charge de travail. Pire, certains dirigeants ont délégué à des consultants auréolés du nom prestigieux de leur cabinet des analyses et des décisions difficiles qu’ils ou elles ne se sentaient pas le courage d’annoncer à leurs troupes ! Responsables aussi pour ne pas dire coupables, les entreprises qui se sont laissées envahir par des cohortes de consultants aux honoraires exorbitants sans contrôler le bien fondé de leur présence. Il fut un temps où la présence de conseillers externes était, pour certains directeurs un signe extérieur de réussite, une sorte de « cour » aurait-on dit aux temps jadis. Beaucoup de ces « voix de son maître » suivaient d’ailleurs ce dernier lors de ses mutations à la tête d’une nouvelle entreprise.

Trêve d’auto critique ! Il existe aussi de nombreux bons professionnels dans la corporation à laquelle j’ai l’honneur et le plaisir d’appartenir. Le conseil est un véritable métier avec ses prédispositions et talents indispensables mais aussi avec ses outils et apprentissages spécifiques. Un bon consultant doit savoir écouter, formaliser, aider à la décision. Il dispose dans sa « trousse à outils d’un panel méthodologique large et adaptable à toutes les situations. Il apporte à ses partenaires clients l’objectivité et la variété d’expérience ou de domaines de spécialités qui fait souvent et naturellement défaut à l’interne de l’organisation. En un mot comme en cent, elle ou il apporte une réelle valeur ajoutée aux projets de ses clients. Précisons enfin qu’avec la pression faite sur les entreprises par leurs actionnaires ou organismes de tutelle et les « restructurations » qui en découlent, les effectifs internes sont aujourd’hui optimisés et ne permettent pas d’affecter suffisamment de ressources humaines aux projets. L’assistance d’intervenants externes souvent très productifs et ne ménageant pas leurs horaires est donc de plus en plus opportune.

Mais me direz-vous, vous coûtez bien trop cher ! Je répondrai ce qu’un vieux et très performant vendeur de voitures m’avait un jour expliqué : Le prix d’un bien ou d’un service n’est pas une valeur absolue. Il faut toujours le mettre en perspective du bénéfice et de la satisfaction que vous en retirez. En ce qui me concerne, je préconise dans notre métier l’utilisation d’un tarif horaire appliqué aux activités directement productives pour la mission en cause. Croyez-moi, avec l’ensemble des heures passées à mettre à jour ses connaissances, à promouvoir ses services, à gérer son activité, il est bien difficile pour le consultant, même en pratiquant des horaires de travail très extensifs, d’imputer 35 heures de son temps par semaine. C’est pourquoi les tarifs habituellement pratiqués et admis par la profession, même s’ils semblent parfois prohibitifs à celui qui les paye, sont en fait en juste rapport avec une activité exigeante, complexe et lourde de responsabilité.

Je voudrais, pour conclure, partager avec vous un étonnement personnel devant ce qui me semble être un paradoxe : Pourquoi les dirigeants les plus acerbes vis-à-vis des consultants en management font-ils souvent appel, sans aucune hésitation ni sentiment de culpabilité à des avocats d’affaire collaborant avec leur propre service juridique ou à des spécialistes en communication, même quand ils disposent d’une agence ou de responsables spécialisés en la matière dans leur structure ?

Pour rebondir sur le titre de cette chronique, titre délibérément provocateur je l’avoue, je voudrais déclarer avec force : Oui, je suis heureux et fier d’être consultant même si, depuis plus de quinze ans que j’exerce ce métier, je n’ai pas encore réussi à faire comprendre à ma vieille maman comment je gagnais ma vie…

"Reflexion"
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